Le phénomène de dépendance

La dépendance au sucre est la difficulté pour une personne de contrôler son apport en aliments ou boissons sucrées.

Tout d’abord, la dépendance est un phénomène qui se caractérise par la recherche d’une sensation sensation de plaisir provoquée par la consommation d’une substance addictive tel que l’héroïne, la cocaïne, le tabac ou le sucre. Donc pour comprendre la dépendance au sucre il faut d’abord comprendre le mécanisme du plaisir et de la récompense. Ce mécanisme qui associe à l’accomplissement d’une action, la sensation de plaisir entre en jeu dans tous les phénomènes. Il met en jeu un neurotransmetteur essentiel au fonctionnement du cerveau : la dopamine.

dopa

Source : http://bit.ly/1AEE787

Ainsi, une fois le sucre consommé, le plaisir qu’il nous procure s’estompe en quelques dizaines de minutes. Alors, on recherche à nouveaux ce sentiment de plaisir provoqué par la consommation de sucre, on reprend donc du sucre. Cependant, les récepteurs situés sur les synapses, habitués à recevoir de la dopamine en grande quantité deviennent, au fil du temps, de moins en moins sensible à cette molécule.  Il faut donc pour procurer une même récompense, c’est à dire, un même plaisir, consommer une quantité de plus en plus importante de sucre. On entre donc dans un cercle vicieux où pour céder au plaisir de la consommation de sucre on consomme de plus en plus de sucre, de plus en plus régulièrement. Cette dépendance au sucre peut mener à des complications d’ordre physiologiques ou psychologiques.

cercle vicieux addiction

Schéma du cercle vicieux de la dépendance au sucre

Bien qu’il n’y ait pas de démonstration scientifique de la dépendance au sucre chez l’Homme et que le concept d’addiction alimentaire fasse débat, de plus en plus d’études suggèrent que sous certaines conditions, la consommation d’aliments ou boissons sucrés peut créer des symptômes proches d’une addiction

 La recherche sur l’addiction aux drogues a encore besoin aujourd’hui d’un modèle utile à la recherche chez l’animal pour l’étude d’un comportement typiquement humain et c’est peut-être l’une des causes expliquant le ralentissement inquiétant du développement de nouveaux médicaments psychotropes. L’équipe du Dr Serge Ahmed à Bordeaux s’intéresse entre autres à faire avancer la réflexion sur les modèles animaux de l’addiction et réalise des expériences originales et innovantes chez des rats qui s’auto-administrent de l’héroïne ou de la cocaïne. Les différents traits de l’addiction sont observés chez les animaux : une escalade de la consommation, une forte motivation à consommer la drogue, une difficulté à s’abstenir, une diminution du seuil de récompense et une consommation compulsive observée même lorsque l’accès à la drogue est couplé à un choc électrique. Un problème important cependant demeure dans ces modèles et réside dans le fait que l’animal n’a pas d’autre alternative que d’appuyer sur un levier pour s’auto-administrer la drogue étudiée, et finalement tous les rats mis dans cette situation deviennent dépendants des drogues. Il semblerait que cette vulnérabilité soit liée au moins en partie au manque de motivation positive ou négative qui influencerait l’animal à ne pas poursuivre sa consommation de drogue. Il semble donc que tous les animaux consomment de la drogue et deviendraient « addicts » non pas parce que la drogue est essentiellement addictive, mais plutôt parce que les drogues constitueraient la seule source de récompense disponible au laboratoire. Ces rats représenteraient donc des groupes à haut risque plutôt que la population générale.

Le sucre est un produit qui suscite une  dépendance importante comme le montre cette expérience réalisée sur des souris, espèce au fonctionnement physiologique semblable à celui de l’homme.

Interview par le magazine Enquête d’actualité(D8)  de Serge Ahmed Directeur de recherche au service  addiction, compulsion et syndrome de dysrégulation dopaminergique au CNRS.

Le sucre, une drogue dure? Difficile à dire

Ce n’est plus en ces termes qu’il faut raisonner. « Drogue dure, drogue douce, le problème ne se pose plus ainsi aujourd’hui », affirme Jean-Pierre Couteron, addictologue et président de Fédération Addiction contacté par Le HuffPost. « Aujourd’hui on ne parle plus de drogue mais d’addiction », nuance-t-il « et plus précisément de comportement addictif ». Il s’agit d’étudier les impacts de la consommation d’une substance, d’une technologie, d’une activité sur le psychique, le physique et le degré de dépendance qu’elle entraîne. Ainsi donc, le sucre entre parfaitement dans cette définition. « Si le sucre perturbe assez peu le psychique, les conséquences d’une consommation régulière sur le physique sont importantes, » conclut-il.

À première vue, la consommation excessive de sucre semble bien éloignée de la prise de cocaïne. « Le sucre est lié au plaisir gustatif, la cocaïne, elle, n’a pas de goût, elle va directement se fixer sur une partie du cerveau. D’autre part, la prise de sucre n’entraîne pas une modification de la conscience comme le fait la cocaïne », constate Jean-Pierre Couteron. Si les effets ne sont pas les mêmes, le sucre peut néanmoins entraîner des comportements addictifs. « Il est assez courant de perdre le contrôle sur la quantité de sucre que nous mangeons lorsque nous avons besoin de nous consoler par exemple sur une courte période. Perdre le contrôle tout le temps, cela reste plus rare, mais ça existe », affirme-t-il encore.

Des études controversées sur le sujet

La comparaison sucre et cocaïne a beaucoup intéressée la science. Vous avez peut-être entendu parler de ces rats plus accros aux biscuits qu’à la cocaïne? Les conclusions d’une étude avaient fait les gros titres de la presse en janvier dernier après qu’une équipe de l’Université du Connecticut eut mené une série d’expériences sur des rats. Le professeur Joseph Schroder avait alors constaté que les rats préféraient les célèbres biscuits bicolores à un shot de morphine ou de cocaïne. Ce travail a ensuite été vivement critiqué par la communauté scientifique non pas vraiment sur les conclusions de l’étude mais sur la façon dont l’étude avait été menée (l’addiction aux biscuits et à l’Oréo n’a jamais été frontalement comparée).  En 2007, une autre étude s’était aussi intéressée à l’addiction au sucre et à la cocaïne. Une équipe bordelaise avait laissé le choix à des rats accros à la cocaïne de s’auto-administrer un shot de cette drogue par voie intraveineuse ou d’avoir accès pendant 20 secondes à une solution de saccharine à 0,2 %. Même en augmentant la quantité de cocaïne, les rats avaient en majorité préféré la solution de saccharine. Preuve que le sucre semble avoir un potentiel addictif bien plus important que la cocaïne.

L’addiction : première raison de consommation de sucre excessive

Les liens entre notre cerveau et notre corps au moment où il consomme du sucre sont le plus souvent émotionnels, affectifs.
Pour le comprendre, il faut tout d’abord revenir sur le système neurophysiologique du corps en présence du sucre : le pancréas sécrète de l’insuline, cette action s’accompagne d’une sécrétion de sérotonine, qui joue un rôle d’antidépresseur naturel dans le cerveau.

Il y a un système de récompense au niveau du cerveau au moment de l’absorption du sucre qui rend cette substance, le sucre (comme pour toute autre substance), addictive.

Le stress : deuxième raison de consommation de sucre excessive

Notre cerveau libère une certaine dose d’adrénaline pour surmonter les dangers extérieurs, et celle-ci nécessite la sécrétion de glucide par le foie. Sécrétion qui devra être compensée par un apport extérieur en sucre.
Ainsi, pour se libérer d’un stress, on se dirige vers ce qu’on connaît le mieux « une petite douceur » tant pour se faire du bien que pour fournir au corps l’apport du sucre dépensé.


Source: http://www.u-run.fr/5568-comment-notre-cerveau-devient-un-accro-du-sucre

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